27 mesures concrètes pour accélérer les économies d’énergie

L’accident de Fukushima et la hausse du prix de l’énergie ont conduit tous les pays à engager une réflexion sur leur modèle énergétique. La France a ainsi renforcé son action engagée avec le Grenelle de l’Environnement en organisant dès juin 2011 une table ronde nationale pour l’efficacité énergétique.
L’efficacité énergétique consiste à consommer moins d’énergie et à émettre moins de gaz à effet de serre pour un service rendu équivalent.
Les résultats ont été publiés à la mi décembre par le Ministère de l’Ecologie et du Développement durable, ils consistent en 27 mesures concrètes pour accélérer les économies d’énergie, applicables dès le 1er janvier 2012.

La politique nationale en faveur de l’efficacité énergétique doit permettre une diminution des consommations à l’horizon 2020 comprise entre 19,7 et 21,4 %, soit l’équivalent de la consommation annuelle de 16 millions d'habitants.

Il faut savoir qu’en 2010, la facture énergétique de la France s’élevait à 46,2 milliards d’euros représentant ainsi 2,4 % du PIB. Les secteurs les plus consommateurs d’énergie sont le bâtiment, les transports et l’industrie.

Renforcer l’efficacité énergétique constitue l’un des moyens les plus simples de diminuer les émissions de gaz à effet de serre, de garantir un approvisionnement en énergie sûr et durable et d’améliorer notre indépendance énergétique. Elle permet de soutenir le développement économique, de créer des emplois et de réduire les coûts d’énergie supportés par les ménages, les entreprises et les pouvoirs publics.

Les mesures concernent divers publics, les entreprises, les particuliers et les pouvoirs publics dans leur rôle moteur et exemplaire.
Faisons un zoom ici sur les mesures relatives aux entreprises.

Les mesures pour les entreprises
Les entreprises, pour qui les impératifs de production freinent souvent les solutions économes en énergie.  représentent environ 55 % de l’énergie finale totale consommée en France. Le secteur industriel a lui seul représente 20 % devant le tertiaire avec 11 %, les transports de marchandises 10%, les déplacements des salariés et professionnels 9% et l'agriculture et l'artisanat 4%.

Les 11 mesures proposées visent à améliorer la performance énergétique des entreprises en jouant sur quatre types de leviers : l'incitation à la réalisation d'opérations d'économies d'énergie, l'offre de services et de technologies, le changement de comportement et l'accompagnement des entreprises dans cette démarche, et le développement de recours aux tiers investissements notamment pour les contrats de performance énergétique.

Soutenir les travaux d’économies d’énergie dans les entreprises

Il faut inciter les entreprises par des outils financiers innovants.
Exemple : des prêts à taux bonifiés de 2 % (distribués par OSEO) pour aider les entreprises de moins de 50 salariés à réaliser des travaux d’économies d’énergie.
Ou La mise en place d’un tarif d’achat de l‘électricité produite par la chaleur perdue.

Le gisement d'économies d'énergie qui pourrait être atteint en mobilisant les entreprises sur des travaux d’économies d’énergie est estimé à 14 TWh par an soit l'équivalent de la production annuelle d'une à deux centrales nucléaires.

Soutenir une offre de services et technologies propres à l’efficacité énergétique

Pour soutenir l'offre de services permettant une amélioration dans les entreprises de l'efficacité énergétique, le programme propose prioritairement d'agir sur la qualité des services et leur garantie dans le temps : inciter à la qualification des professionnels du bâtiment pour améliorer la qualité des travaux en mettant en place une conditionnalité des aides.

Soutenir les changements de comportements

Une action de bon sens : fixer une obligation d’extinction des enseignes lumineuses commerciales entre 1h et 6h du matin. Le décret d’application entrera en vigueur au 1er juillet 2012.
La mesure permettra une économie d’énergie globale estimée à 700 GWh, ce qui équivaut à la consommation annuelle d’électricité (hors chauffage et eau chaude) de 260 000 ménages.

Mais aussi étudier une obligation d’abaisser voire d’éteindre les éclairages extérieurs et intérieurs des bâtiments non Résidentiels en cas d'inoccupation des locaux le jour et la nuit.
Cette mesure pourrait permettre de réduire de 10 % la facture globale d’électricité des bâtiments de bureaux et d’économiser plus de 2 TWh par an, soit la consommation d’électricité de plus de 750 000 ménages.

Autre exemple de mesure : inciter à mettre en oeuvre la norme ISO 50001 (systèmes de management de l’énergie) en bonifiant les certificats d’économies d’énergie concernés.
La norme NF EN ISO 50001 « Systèmes de management de l'énergie », publiée le 15 juin 2011 par l’AFNOR, a pour objectif d'aider les entreprises à développer une gestion méthodique de l’énergie pour améliorer leur performance énergétique. Afin d'inciter au développement de cette norme, les opérations réalisées dans le cadre d’un tel système seront bonifiées en termes de certificats d’économies d’énergie délivrés.

Développer de nouveaux modèles de contrat et de financement
Permettre l’accès à la TVA à 7 % pour les travaux d’économies d’énergie lorsque leurs bénéficiaires ont recours au tiers financement. Le tiers investissement consiste à faire financer des investissements par un tiers, lequel se rembourse en partie sur les économies d’énergies obtenues grâce aux travaux ou aux équipements.
Il peut être associé au contrat de performance énergétique (CPE) consistant en un accord contractuel entre un bénéficiaire et un fournisseur afin de parvenir à un niveau d’amélioration de l’efficacité énergétique contractuellement défini et garanti.

Les Français sensibles à l'Environnement, vrai ou faux ?

L'environnement est devenu un sujet d’actualité quasi quotidien pour les Français, comme partout dans le monde. Certes, ce n’est pas le sujet de préoccupation n°1, puisque cette place est occupée par les problématiques économiques et sociales. La dégradation de l’environnement ne vient qu’au 6ème rang. Des événements comme les grosses tempêtes récurrentes désormais, les tremblements de terre, les tsunami et autres, réveillent toutefois une conscience chez certains parfois encore un endormie. Un rapport publié par le Ministère du Développement durable indique que les Français sont de plus en plus sensibles à la notion d’Environnement, même s’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. Cette étude a porté sur 16 années d’observation, de 1995 à 2011.

La progression de l’esprit vert se fait lentement mais sûrement. En 1995 ils n’étaient qu’un tiers à se dire sensibles au sujet, puis en 2002, 35 % et désormais c’est 53 % des Français qui se disent soucieux de l’environnement. 75 % des Français considèrent que l’homme est le grand responsable de la dégradation de l’environnement et 69 % estiment que leur propre effort individuel peut être utile pour la préservation de l’environnement. 63 % pensent même faire ce qu’il faut, même si cela leur coûte de l’argent. Le tri des déchets est l’action individuelle la plus répandue.

Depuis 2005, on note une forte évolution de la consommation durable chez les Français notamment avec une attention à la quantité de déchets qu’impliquent certains achats, l’achat d’ampoules basse consommation ou de produits bio et la consommation d’énergie pour les appareils d’électroménager.

Néanmoins, le facteur de motivation de la recherche d’économies vient perturber le bon sens écologique des Français. En effet, pour 85 % d’entre eux, faire des économies sur la facture de chauffage est le principal moteur avant de penser au bien-être de la planète en réduisant la consommation d’énergie.
Il est un domaine sur lequel les Français rechignent à faire des efforts même pour la planète, c’est celui de l’automobile. 86 % déclarent en avoir une (+ 5 points par rapport à 2005) et 32 % en ont une seconde (+ 3 points par rapport à 2005). Le rejet de CO2 n’est regardé qu’après le prix d’achat et la consommation de carburant.



De manière globale donc, le quotidien des ménages français se verdit. Le tri des déchets, l’attention à la consommation d’eau ou d’électricité, l’usage d’ampoules basse consommation ne cessent de progresser depuis 2005 et sont largement pratiquées au sein de la population. Soyons optimistes en cette fin d’année, et parions qu’en 2012, les Français poursuivront leurs efforts et allieront davantage la parole et les actes en matière de préservation de l’environnement.

Le bâtiment, un secteur se lance à fond dans le développement durable

Le secteur du bâtiment a enregistré un chiffre d'affaires de 123 milliards d'euros en 2010 et représente 1,5 million d'emplois avec une croissance estimée en volume à 2,2 % en 2011. En revanche, les perspectives pour 2012, "crise oblige" sont moins optimistes. Les entreprises qui pourront tirer leur épingle du jeu seront celles qui proposeront des solutions innovantes, basées à la fois sur les tendances de recherche d’économie et de développement durable.
La grande tendance du moment c’est la piste des économies d’énergie, notamment de l’efficacité énergétique. C’est l'un des tous premiers axes de développement d’activités nouvelles ou d’adaptation de nombreuses branches du bâtiment. Le phénomène s’est amplifié grâce aux normes "basse consommation" (BBC) qui s’imposeront à tous dès 2013.
Nombre d’entreprises du bâtiment ont déjà compris le message puisque 813 nouveautés ont ainsi été proposées lors du salon Batimat au mois de novembre.

L'éco-construction est l'avenir du bâtiment

Le Grenelle de l’Environnement a imposé au secteur du bâtiment de nouvelles normes pour aussi bien pour les constructions neuves que la rénovation des bâtiments existants. L’ensemble des acteurs du BTP devront maîtriser à terme les nouvelles techniques et les nouveaux matériaux de l’éco-construction.
La Confédération de l'Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (CAPEB) a même lancé le label ECO Artisan®. Un éco artisan est un artisan indépendant qui a choisi de s’engager dans la performance énergétique. Compétent il analyse précisément l’habitat en tenant compte de tous les paramètres, afin de délivrer un bilan thermique complet avant de conseiller des améliorations à réaliser.

La réduction des émissions de carbone
Un autre domaine est à exploiter, celui de la réduction des émissions de CO2 dans la construction et l’utilisation des bâtiments, car aujourd’hui ils sont responsables de 30% des émissions mondiales de CO2. Un chiffre énorme, il y a donc urgence. Le fort développement de l’urbanisation un peu partout dans le monde entraine, de plus, une hausse mathématique des émissions de CO2. De belles perspectives s’offrent ainsi pour une éco-conception en amont des matériaux, mais aussi dans la rénovation et l’isolation des bâtiments. Le potentiel économique supplémentaire à réaliser est estimé à près de 20 milliards d'euros par an pour les 20 prochaines années. C'est une bonne raison pour s'engouffrer dans cette voie.

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